La qualité de vie au travail : un enjeu majeur pour les organisations

Bonheur au travail

C’est dans les années 1970 que les notions de qualité de vie au travail on fait leur apparition. Celles-ci ont été appréhendées de façon différente à travers le monde. En France, nous avons parlé d’amélioration des conditions de travail, nous intéressant plutôt à la prévention des Risques Psycho-Sociaux (RPS) tels que l’épuisement professionnel ou burn out, mais également à la prévention des Troubles Musculo-Squelettiques (TMS) liés aux postes et aux charges de travail.

Aujourd’hui, la notion de qualité de vie au travail (QVT) remplace progressivement celle d’amélioration des conditions de travail. Ce concept n’a pas pour l'heure de définition normée ou unifiée, il faut donc se référer aux définitions données par les différents acteurs qui s’intéressent et mènent des actions pour son amélioration.

Fondée en 1973, l’Anact (Agence Nationale Pour l’amélioration des Conditions de Travail) donne 6 facteurs clés déterminants à propos de la qualité de vie au travail :

  • les relations sociales et de travail,
  • le contenu du travail,
  • l’environnement physique de travail,
  • l’organisation du travail,
  • la réalisation et le développement professionnel,
  • la conciliation entre vie professionnelle et vie privée.

Toujours selon l’Anact, la promotion de la qualité de vie au travail passe par le postulat et les actions suivantes :

  • Un choix de société, qui implique les salariés et les dirigeants des entreprises, les partenaires sociaux, l’État et les collectivités territoriales à tous les niveaux.
  • Analyser, comprendre le travail et agir pour le transformer.
  • Encourager toutes les initiatives qui contribuent au développement des compétences, à l’évolution professionnelle et au bien-être au travail.
  • Agir pour que le travail favorise l’épanouissement physique, psychique et intellectuel des individus.
  • Faire que le travail soit un espace d’intégration y compris pour les moins aptes et les plus fragiles, et un espace de justice sociale.
  • Faire que chacun trouve sa place au travail et que le travail garde sa place parmi les autres activités humaines. »

Vers une définition de la qualité de vie au travail

En 1994 l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé) a défini la qualité de vie comme étant « la perception qu'a un individu de sa place dans l'existence, dans le contexte de la culture et du système de valeurs dans lesquels il vit, en relation avec ses objectifs, ses attentes, ses normes et ses inquiétudes. Il s’agit d’un large champ conceptuel, englobant de manière complexe la santé physique de la personne, son état psychologique, son niveau d’indépendance, ses relations sociales, ses croyances personnelles et sa relation avec les spécificité de son environnement »

En 2004, Martel et Dupuis, professeurs Université du Québec à Montréal, ont proposé la définition suivante : « La qualité de vie au travail, à un temps donné, correspond au niveau atteint par l’individu dans la poursuite dynamique de ses buts hiérarchisés à l’intérieur des domaines de son travail où la réduction de l’écart séparant l’individu de ses objectifs se traduit par un impact positif sur la qualité de vie générale de l’individu, sur la performance organisationnelle et, par conséquent, sur le fonctionnement global de la société » (Dupuis et CLIPP, 2009).

En Juin 2013 l’accord national interprofessionnel (ANI - Ministère du Travail, de l’Emploi, de la Formation professionnelle et du dialogue sociale, 2013) propose une définition opérationnelle et systémique de la qualité de vie au travail : « Les conditions dans lesquelles les salariés exercent leur travail et leur capacité à s’exprimer et à agir sur le contenu de celui-ci déterminent la perception de la qualité de vie au travail qui en résulte ».

Mieux travailler à l’ère du numérique

ordinateur

Tous les ans a lieu la semaine pour la QVT. L’édition 2016 avait pour thème « mieux travailler à l’ère du numérique ». L’ère du numérique apporte de nombreuses possibilités aux entreprises et à leurs salariés. Les outils, matériels comme logiciels, viennent compléter les évolutions des pratiques professionnelles dans tous les secteurs.

 

Comme le dit Olivier Mériaux (Anact, 2016), directeur technique et scientifique de l’Anact,  « Chacun peut l’expérimenter au quotidien : l’usage des technologies numériques impacte à la fois l’organisation, le management, la culture, le rapport au travail, les échanges, les compétences, Les outils numériques ont des conséquences ambivalentes sur les conditions de travail. S’il peut offrir aux salariés plus de flexibilité, d’autonomie et de coopération, leur usage peut aussi générer son lot de problèmes : surcharge informative, intensification et individualisation du travail, renforcement du contrôle de l’activité, contraintes excessives de réactivité, brouillage des frontières entre vie familiale et vie professionnelle, désintégration des collectifs et désincarnation du management. »

 

Notons cependant qu’en fonction du secteur d’activité et de la position occupée, les problèmes identifiés ne sont pas du même ordre et ne sont pas vécues de la même façon par les salariés selon qu’ils occupent des postes à responsabilités ou de direction. Quand les outils de travaillent évoluent et permettent l’amélioration des conditions de travail, place à la QVT. Sur le thème du numérique par exemple, un responsable, un manager qui travaille tard (c’est également son droit), et qui doit envoyer des mails à ses collaborateurs peut désormais programmer ses mails afin que ceux-ci soient reçus à un moment qui n’interfère pas avec la vie personnelle du destinataire.

Droit à la déconnexion : des règles applicables au 1er janvier 2017

Smartphone

La loi Travail introduit le droit à la déconnexion. Il s’appliquera à tous les salariés à partir du 1er janvier 2017. Les entreprises seront tenues de mettre en place des instruments de régulation de l’outil numérique. Ces mesures viseront à assurer le respect des temps de repos et de congés ainsi que l’équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle et familiale.

 

Pour mettre en œuvre ces mesures, la priorité sera donnée à la négociation avec les partenaires sociaux. Les entreprises qui ont un délégué syndical devront engager une négociation afin de définir les modalités selon lesquelles le salarié pourra exercer son droit à la déconnexion.

 

« A défaut d’accord, l’employeur devra tout de même mettre en œuvre ce droit. Cela devra prendre la forme d’une charte qui devra prévoir la mise en œuvre à destination des salariés et du personnel d’encadrement et de direction, d’actions de formation et de sensibilisation à l’usage des outils numériques. Cette mesure entrera en vigueur au 1er janvier 2017 » (LOI n° 2016-1088 du 8 août 2016 relative au travail, à la modernisation du dialogue social et à la sécurisation des parcours professionnels, 2016).

Les conditions de travail au cœur de la responsabilité sociétale

Questions centrales ISO 26000
Questions centrales cécrites par l'ISO 26000 ; Crédit : Afnor

Les conditions de travail en constante évolution, sont au cœur des préoccupations des entreprises qui ont initié une démarche RSE (Responsabilité Sociétale des Entreprises). Les relations et les conditions de travail font parties des questions centrales de l’ISO 26000 dont les autres questions sont, la gouvernance de l’organisation, les droits de l’Homme, l’environnement, la loyauté des pratiques, les questions relatives aux consommateurs, les communautés et le développement local.

 

La question centrale portant sur les relations et les conditions de travail commence par introduire le principe que, les femmes et les hommes sont la principale richesse des organisations, car sans eux aucune activité n’aurait lieu. La création d’un environnement favorable à leur épanouissement constitue un facteur non négligeable pour le développement et la pérennité de l’organisation.

 

Afin de créer cet environnement favorable pour toutes les parties prenantes, on s’intéressera en particulier, à l’emploi et aux relations employeur-employé, aux conditions de travail et de protection sociale, au dialogue social, à la santé sécurité au travail et pour finir au développement du capital humain.

Réfèrences

  • Anact, 2016. Rendez-vous pour la 13e édition de la semaine pour la qualité de vie au travail | Agence nationale pour l’amélioration des conditions de travail (Anact) [WWW Document]. Anact. URL http://www.anact.fr/rendez-vous-pour-la-13e-edition-de-la-semaine-pour-la-qualite-de-vie-au-travail (consulté le 9.6.16).
  • Dupuis, G., CLIPP, 2009. La qualité de vie au travail l’Inventaire systémique de qualité de vie au travail (ISQVT©): bilan des connaissances. CLIPP, Montréal.
  •  LOI n° 2016-1088 du 8 août 2016 relative au travail, à la modernisation du dialogue social et à la sécurisation des parcours professionnels, 2016. , 2016-1088.
  •  Ministère du Travail, de l’Emploi, de la Formation professionnelle et du dialogue sociale, 2013. Accord national interprofessionnel du 19 juin 2013 relatif à la qualité de vie au travail.